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7 juin 2007

Ni oui, ni non

Boeing 787-8 S7 Airlines

La Russie est devenue le dernier terrain où s'affronte Airbus et Boeing. Les perspectives de développement de son marché aérien sont telles, qu'elles attisent les appétits féroces des deux constructeurs, donnant lieu en parallèle à la signature politique de partenariats aéronautiques, propices aux pressions en tout genre. Il n'en faut pas moins pour transformer un besoin urgent de modernisation de flotte en étonnant feuilleton à rebondissements. En effet, depuis plus d'un an Aeroflot pratique un nouveau genre de ni oui, ni non, en écho aux nombreux accrocs diplomatiques régnant depuis quelque temps entre les pays protagonistes de l'affaire. Voulu ou pas, ce jeu l'empêche de se prononcer clairement entre l'A350 et le 787.

À en croire l'abondante presse sur le sujet, le transporteur aérien national russe, membre de SkyTeam, aurait d'abord choisi le biréacteur européen. Il a ensuite reporté sa décision, avant d'opter pour le 787, puis penser à prendre les deux, pour finalement perdre ses positions de production chez Boeing et atterrir une intention floue avec Airbus pour vingt-deux A350. Il attendra jusqu'en 2014 pour déployer le long-courrier et pour patienter recevra, dès la fin 2008, dix A330-200 neufs spécialement prévus en location. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais depuis aujourd'hui, Aeroflot sert apparemment de monnayeur à Dreamliner. Un accord avec l'industriel américain pourrait même être signé d'ici à la fin de la semaine, toujours pour vingt-deux appareils, contre une participation plus active chez Sukhoi qui développe le Superjet100.

En attendant de savoir si Aeroflot va aller chez l’un ou chez l’autre, voire se partager politiquement entre les deux, Boeing n'a pas tout perdu du nouveau marché russe émergeant. Il a ainsi récemment conclu avec S7 Airlines une commande de 2,4 milliards de dollars en prix catalogue pour quinze 787-8 fermes également livrables à partir de 2014. Le contrat est assorti de dix droits d'achats additionnels, soit un total de vingt-cinq avions destinés à rénover sa flotte vétuste de seconde main et ouvrir de nouvelles liaisons. Ils viennent rejoindre vingt 737-800, dont dix fermes, acquis sous le sceau de l’anonymat en novembre dernier et qui seront exploités dans le cadre de la prochaine mise en place d'une division charter.

MàJ - 10/06/07 - 00h30 - Boeing s'est empressé de publier tout à l’heure trois communiqués pour d'abord se féliciter d’avoir décroché une commande avec Aeroflot pour son 787, d'avoir étendu sa participation dans le programme d'avions de 70 à 110 sièges Superjet développés par Sukhoi, et conclu d'aider la future aéronautique industrielle civile russe à y voir plus claire. Les américains réussissent là un étonnant retour en grâce en Russie.

Image : Boeing
Note 813 publiée en heure GMT depuis Paris, France

Publié par Philippe Granger à 18:35 dans Aeroflot ǀ Airbus ǀ Alliances ǀ Avionneurs ǀ Boeing ǀ Compagnies Aériennes ǀ Politique ǀ S7 Airlines ǀ Skyteam ǀ Stratégie ǀ Sukhoi

Commentaires

Mieux vaut avoir beaucoup d'opérateurs differents avec des commandes moindres (comme le 787: 2 exemplaires par ci 3 par là) ou des gros opérateurs comme Qatar avec 80 A350 à terme?

Posté par FD le 8 juin 2007 à 18:54 - #

Je ne comprends pas très bien votre question avec le sujet de l'article, mais je vais tenter d'y répondre.

Qatar Airways c'est un investissement sur plusieurs années à partir de 2014. Le Dreamliner couvre un besoin plus rapide. Chaque commande est particulière et déterminée par le besoin de la compagnie aérienne et comment les avionneurs y répondent.

Ainsi, Emirates pourrait choisir le 787-10 et en prendre 100.

Posté par Philippe le 9 juin 2007 à 11:27 - #

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