« Marché de location | Accueil | Complément de flotte »
10 juin 2006
Sans toit, ni loi
Les alliances sont en principe censées regrouper des compagnies aériennes travaillant sur un même schéma d’exploitation et de commercialisation. Tout manquement à cette règle risquerait d’enrayer un processus rodé ouvrant vers une uniformité de services normalement génératrice d’économies d’échelle. Elles profitent en outre d’un effet de notoriété et de protection non négligeables de la part de transporteurs envieux et souvent loin d’être préparés à ce type d’union.
Pourtant, les alliances n’offrent pas toujours ce tableau idyllique. Certains opérateurs, comme Emirates, leur tournent délibérément le dos, sur fond de controverses concurrentielles très souvent fustigées par les patrons d’exploitants mondiaux irrités par son expansion sans borne, à en juger par les déclarations de la direction de Qantas. D’autres, à l’image d’Ansett Australia englué dans des problèmes financiers ou Canadian, objet d'un pari financier de sa rivale Air Canada, y ont simplement laissé leur vie.
Seul, mais plus pour longtemps, Mexicana a été le premier à quitter une alliance, en l’occurrence Star Alliance, pour s'allier indirectement à l’une de ses concurrentes, oneWorld par le biais d'American Airlines. Stratégie d’intérêt ou pas, appliquer un modèle décliné sur des tarifs bradés paraît également être incompatible avec une participation à un groupement de transporteurs aériens. C’est ce que semble induire Aer Lingus en ayant récemment annoncé son départ de oneWorld. Intégré depuis juin 2000, l’opérateur irlandais a dû revisiter sa manière de travailler sous peine de disparaître face à la percée de la véritable "low-cost", Ryanair.
Devenu en moins de cinq ans un exploitant à bas prix, Aer Lingus a dévié sur un concept proposant un réseau point à point, contraire à la logique d’alliance favorisant les correspondances. C’est d’ailleurs l’argument majeur avancé pour justifier son départ. Une tactique financièrement rentable, élaborée autour d’un renouvellement rapide et standardisé de sa flotte moyen-courrier, mais aussi de nombreux conflits sociaux. Si la date effective de sa sortie n’a pas été précisée, il souhaite néanmoins conserver d’étroites relations avec certains membres de l’alliance qu’elle s’apprête à lâcher.
La décision d’Aer Lingus est une première courageuse dans le grand monde des alliances habituées à des organisations qui restent cependant lourdes et complexes. Ce choix hors norme pourrait inspirer d’autres compagnies classiques pratiquant une dangereuse politique tarifaire vers le bas sans posséder la structure de fonctionnement et les coûts d’une "low-cost". Le mouvement est néanmoins contraire avec l’arrivée attendue de Portugalia en tant qu’associé de SkyTeam, le rapt chinois sur Air China et Shanghai Airlines de Star Alliance, les rumeurs de mariage régional d’Air One et la prochaine sélection de THY - Turkish Airlines.
Publié par Philippe Granger à 20:38 dans Aer Lingus ǀ Air Canada ǀ Air China ǀ Air One ǀ Alliances ǀ American Airlines ǀ Ansett Australia ǀ Canadian ǀ Compagnies Aériennes ǀ Economie ǀ Emirates ǀ Mexicana ǀ Oneworld ǀ Portugalia ǀ Ryanair ǀ Shanghai Airlines ǀ Skyteam ǀ Star Alliance ǀ Stratégie ǀ Thy - Turkish Airlines
Trackback Pings
URL de TrackBack de cette note:
http://avionsdeligne.info/cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/644