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20 juin 2006
Beaucoup de bruit pour rien

La republication dimanche dernier sous un autre titre plus dramatique d'un article déjà édité sur le site de BusinessWeek le 7 juin au sujet des problèmes rencontrés par Boeing et son 787 lors d'essais de caissons semble vouloir profiter d'un contexte propice à ce genre de redite. En effet, dans l'intervalle, Airbus a annoncé un nouveau retard de six à sept mois pour son A380, ayant provoqué une réaction boursière violente et irrationnelle pour son actionnaire de référence, EADS. Quasi inaperçu lors de sa première mise en ligne, sauf par un des lecteurs de ce site, il est depuis largement commenté par quelques médias encore secoués par les déboires de l'avion géant européen, tout en essayant de les expliquer.
Considéré comme le premier ennui majeur dans la conception du Dreamliner, principalement conçu à partir de matériaux composites, il pourrait également être à l'origine de retards dans la certification et les livraisons. Boeing se veut néanmoins rassurant sur la date de mise en service du 787 toujours prévue dans le courant de 2008, selon Mike Bair, Vice-président du programme, interviewé par l'hebdomadaire américain. Le constructeur a expliqué avoir connu un problème de porosité ou de formation de petites bulles avec l'un des neuf éléments de fuselage testé dans le cadre d'un nouveau procédé censé améliorer les performances de l'appareil. L'échec est dû à une fuite dans le moule autour duquel une résine imbibée de fibre de carbone est enveloppée à l'étape initiale de la fabrication. Pour remédier à cette défaillance, deux autres caissons sont en cours de construction selon la méthode initiale jugée probante. Ils seront testés de manière indépendante et permettront ainsi à l'industriel de rester en phase avec son calendrier.
La déconvenue n'a pourtant pas fait vriller l'action de Boeing qui a cependant connu une méforme relative la semaine dernière. Comme Mike Bair l'a rappelé lors d'une conférence de presse en mai dernier : "Les nouveaux avions sont réellement difficiles à élaborer". C'est d’ailleurs ce que répond en écho Airbus avec son A380, soulignant que son quadriréacteur est aussi un appareil faisant appel à des niveaux de technologie rarement atteint dans l'industrie aéronautique civile. On comprend alors plus facilement pourquoi ce type de projets très ambitieux et d'autres avant eux respecte rarement les contraintes imprimées par leur propre concepteur.
Publié par Philippe Granger à 14:50 dans Airbus ǀ Avionneurs ǀ Boeing ǀ Communication ǀ Stratégie
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