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26 mars 2006
Les mêmes risques
La liste noire récemment publiée par l’Union européenne ressemble fortement à une compilation improbable assortie de quelques exceptions diplomatiques. Elle ne devrait cependant pas avoir d'impact direct sur le schéma opérationnel de l’Europe de par son manque de courage. Décidée suite à une série d’accidents graves, qui ont marqué l’été dernier, elle est censée rassurer le consommateur et imposer un nouveau standard communautaire en matière de sécurité aérienne, tout en tendant la main aux contrevenants par un programme de coopération et d’éducation.
Cet inventaire peu crédible de 92 compagnies, qui pour la plupart ne sont jamais venues en Europe, a au moins le mérite de bannir quatre pays africains habitués aux pavillons de complaisance (le Swaziland, le Libéria, le Guinée-Équatoriale et la Sierra Leone) et un cinquième (la République Démocratique du Congo) à une exception. Outre quelques autres transporteurs localisés en Afrique et en Asie, dont Phuket Airlines déjà frappé d’embargo par la Grande-Bretagne, il contient quatre dérogations, y compris une hautement diplomatique donnant le droit à la congolaise Hewa Bora Airways de remplir les conditions d’un accord bilatéral signé avec la Belgique sous peine de représailles immédiates contre SN Brussels Airlines. Les 25 garantissent ici l’utilisation d’un avion entretenu au même endroit que le reste d’une flotte par ailleurs interdite au nom de critères objectifs et transparents d’appréciation sécuritaire. Le cas d’Ariana Afghan Airlines est également étonnant à cause de l'aspect politico-économique qu’il revêt. Autorisé à voler avec un seul long-courrier opéré par un exploitant français en redressement judiciaire, il a entrepris la modernisation de son parc aérien à la fin de l’année dernière. Il devra néanmoins saisir la commission s'il veut voir ses nouveaux appareils desservir plus de destinations dans l'espace européen.
Mise à jour aussi souvent que nécessaire et au moins tous les trois mois, ce premier catalogue collectif apparaît déjà comme une caricature vue l’adaptabilité de son règlement épargnant des intérêts certainement plus importants. Bien des opérateurs aériens de plusieurs pays jouant avec les principes élémentaires de sécurité pourraient y figurer, à l’image de l’Égypte pratiquant la négation dans le cadre du rapport d’enquête sur l’accident de l’avion de Flash Airlines en janvier 2004 à Charm el-Cheik où 148 personnes avaient trouvé la mort.
Publié par Philippe Granger à 21:27 dans Ariana Afghan Airlines ǀ Avionneurs ǀ Communication ǀ Compagnies Aériennes ǀ Flash Airlines ǀ Hewa Bora Airways ǀ Phuket Airlines ǀ Politique ǀ Sn Brussels Airlines ǀ Stratégie ǀ Sécurité
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Commentaires
pourquoi ne pas mentionner Biman Bangladesh privé de la plupart des ses lignes internationales puisqu'il volait sur Bruxelles ,Londres et New York ! avec DC10 ...apparemment sans accident mais pas mal de retards réguliers dûs à immobilisation de l'appareil suite à de petits problèmes techniques ...
Posté par richard le 30 mars 2006 à 00:30 - #