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29 novembre 2005
À la peine

Initié en 2001 par la nouvellement créée branche civile du constructeur russe Sukhoi, le RRJ ou Russian Regional Jet, peine à vouloir se concrétiser. Fruit d'une coopération internationale et politique voulue par la Russie et la France, la gamme de biréacteurs régionaux de 60 à 98 places, a également du mal à trouver preneurs crédibles, malgré une trentaine de prospects, comprenant entre autres plusieurs compagnies aériennes des alliances oneWorld, SkyTeam et Star Alliance.
Le programme, dont le coût de développement est évalué à environ un milliard de dollars, comprend trois modèles de 60, 75 et 95 sièges. Ils sont respectivement proposés en version de base B et à rayon d'action accru LR capables de franchir des étapes moyennes de 3100 à un peu moins de 4900 kilomètres. Le nouvel avionneur civil estime être en mesure de vendre 250 appareils d'ici fin 2006 et 800 sur les vingt prochaines années, soit 10% des prévisions du segment déjà occupé par le canadien Bombardier Aéronautique avec le haut de sa gamme CRJ et par le brésilien Embraer et sa famille E-Jets. Un contrat loin d'être rempli, faisant l'exclusivité au RRJ95, avec seulement 80 intentions d'achats provenant de S7 Airlines et des loueurs Financial Leasing Company et plus récemment Concord Aviation. Plusieurs autres opérateurs russes, comme Aeroflot et UTair pourraient prochainement prendre position. Après plusieurs reports, l'assemblage du premier appareil devrait commencer en juillet prochain et s'envoler pour la première fois en mars 2007, pour une mise en service prévue en 2008.
Tout en comportant des partenariats industriels à échelle mondiale, incluant l'américain Boeing, pour son expertise technique et commerciale, le projet repose fortement sur la conception d'un moteur commun au trois modèles développé par le français Snecma et le russe NPO Saturn. Les deux sociétés ont d'ailleurs créé une entité distincte sous le nom de PowerJet destinée à produire et supporter le SaM146, dont les essais devraient démarrer en octobre 2006. L'association franco-russe a d'ailleurs reçu un sérieux coup de pouce politique en obtenant une avance remboursable de 140 millions d'euros du gouvernement français, lors du dernier Salon du Bourget. Une initiative révélant aussi un besoin de rompre avec la monoculture du programme CFM56 dans laquelle est enfermée Snecma depuis plusieurs années avec son allié General Electric qui équipe également les avions de ce segment proposés par Bombardier Aéronautique et Embraer.
Publié par Philippe Granger à 23:37 dans Aeroflot ǀ Alliances ǀ Avionneurs ǀ Boeing ǀ Bombardier Aéronautique ǀ Compagnies Aériennes ǀ Embraer ǀ Loueurs ǀ Motoristes ǀ Oneworld ǀ Politique ǀ S7 Airlines ǀ Skyteam ǀ Star Alliance ǀ Stratégie ǀ Sukhoi ǀ Utair
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